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mardi 12 juin 2012

Cachez ce sein que je ne saurais voir…

Je lisais le ELLE hier dans le métro et quelque chose m’a frappé. Qui m’avait d’ailleurs frappé aussi en lisant le Grazia, le Biba ou le Glamour. Limite n’importe quel magazine féminin en fait. Je suis une grande consommatrice de presse féminine depuis des années. Au début, c’était beaucoup pour le boulot (à la base, j’étais plutôt presse sportive) et puis c’est devenu plus par plaisir (mais je dis toujours que c’est pour le boulot car c’est presque un plaisir coupable tellement des fois ça vole pas haut. En même temps quand ça vole haut avec des sujets sérieux, je ne lis pas ça me saoule. Oui, je sais contradiction extrême. Mais bref). Donc depuis que je dévore la presse féminine, un truc me turlupine. Ca pullule quand même de poitrines à l’air toutes ces pages de papier glacé.

Je crois que je n’ai jamais vu autant de seins nus dans un magazine que dans ceux de la presse people. Et pourtant pendant longtemps, j’ai lu FHM ou Maximal, voire Entrevue, la bonne presse masculine que je piquais à mon beauf. Eh bien même là, je crois qu’il n’y avait pas autant de téton au mètre carré. Donc depuis que je bosse dans le milieu et que je lis cette presse, je m’interroge : mais pourquoi donc ? Pourquoi mettre des filles à poil dans un magazine clairement ciblé pour les femmes. Et qui en principe en ont justement rien à foutre de voir une femme nue (ouh la, je crois qu’avec ce papier, je vais me ramasser tous les pervers qui traînent sur le web. Mais continuons.)

Perso, en tant que femme, tous ces seins nus, je m’en fous. Et même j’avoue, ça ne fait pas que m’indifférer. Parce que pire, ça me met limite mal à l’aise. Oui, toute ces filles dépoitraillées, ça me gêne. Ca m’énerve même de tomber sur de la chair fraîche à chaque coin de page. Mais rhabillez-vous donc mesdames ! (Surtout que ça ne s’arrête pas forcément aux seins, car de la fesse aussi on t’en balance et même de temps en temps une full frontal nudity. Bravo au ELLE qui sous prétexte d’épilation du maillot nous a balancé une demi douzaine de pages de portraits de foufounes. Classe, chapeau). Je le répète, what’s the point ?

Ok, c’est vrai, je ne m’en cache pas, j’ai un côté un peu coincé (être une femme libérée, c'est pas si facile ;)). On s’est d’ailleurs récemment légèrement moqué de moi parce que lors d’une présentation où des jeunes hommes torse poil et over musclés étaient là pour présenter le produit, j’étais limite partie en courant de l’autre côté. Ben oui, me coltiner nez à nez avec un torse nu d’un inconnu, ça me met mal à l’aise. Je l’assume. Mais j’ai trouvé une copine tout pareil que moi, je suis contente. Dans les films, la nudité ne me dérange pas, parce qu’elle arrive souvent au fil de l’histoire, elle a une raison d’être. Mais j’ai du mal avec l’exhibitionnisme et la nudité gratuite. Et dans le cas de la presse féminine, désolée mais c’est de la nudité totalement gratuite. Elle n’a aucune raison d’être.

Après toutes ces années, je continue à me demander ce que ça fait là. Et pourtant, il y en a partout. Ok, pour les sujets cul, je veux bien. Pour les sujets beauté sur les soins pour la poitrine aussi, c’est normal. Mais pour les sujets mode et beauté classiques, quel est l’intérêt ? Je me souviens d’un spécial beauté Grazia où j’avais compté au moins 5 paires de seins dans le shooting photo. Et je m’étais demandé ce qu’elles venaient faire là alors qu’on parlait de maquillage. Même dans les sujets minceur, je trouve que ça ne se défend pas. Le cul je veux bien, mais la minceur et les seins, c’est pas forcément ce qu’on associe en premier.

Ok, je vous l’accorde, c’est sûrement une question d’esthétique. C’est beau un corps de femme nue. Et ça doit faire vendre même aux femmes puisque plus ça va, plus il y en a. Mais ça me laisse quand même perplexe. Encore, si c’était pour attirer un autre lectorat, en gros les hommes, je comprendrais. Mais je vois mal un mâle se ruer sur un ELLE au kiosque à journaux pour une paire de boobs. Surtout qu’en général, en plus c’est pas de la poitrine pulpeuse qui fait envie, comme le reste du corps, c’est du sein maigrichon. Sur le web, par contre, je comprends un peu plus. D’ailleurs, j’avoue, j’utilise aussi l’artifice au boulot (même si quand même mes seins à moi, ils ont souvent un soutien-gorge). Mais en gros, tu prends ta bonne femme à poil, tu intitules ton image « corps_femme_nue_seins », un truc comme ça et tu te ramènes un peu d’audience en plus. Tu chatouilles le dieu référencement quoi. Même si l’audience n’est pas du tout dans la cible, les chiffres sont là, c’est ce qui compte. Mais cet argument ne tient pas pour le papier.

M’enfin comme disais l’un de mes chefs quand je lui demandais quel papier il aimerait que je fasse : « du cul, du cul, du cul ». Donc on va continuer à en voir de la poitrine de femme. Même si à titre personnel, on s’en fout totalement (on préférerait de la poitrine plus virile). Mais voilà, moi, je ne m’y habituerais jamais (surtout quand je me dis que certaines des mannequins ainsi exhibées ont peut-être entre 16 et 18 ans, ou même 18 ans tout juste, ce qui est quand même jeune pour être ainsi jetée en pâture). Donc je continuerais à revendiquer le « cachez ce sein que je ne saurais voir » quitte à passer pour une petite vieille coincée (de toute façon, tout le monde sait maintenant que je suis une mémé inside). Même si les photos ne sont absolument pas vulgaires et même parfois très belles, ça va continuer à me tarauder. Et vous, vous vous êtes déjà posé la question ou ça ne vous dérange pas ? Peut-être y êtes-vous tellement habituées que vous ne le remarquez même plus ?

PS : j’ai mis des pubs Aubade en visuel d’illustration parce que là je trouve ça beau et drôle. Et ce n’est absolument pas gratuit mais totalement justifié.

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mardi 10 avril 2012

Biba révolutionne la presse féminine… ou pas ?

Après le web 2.0, le papier 2.0 ?

Vous connaissez ma relation ambivalente avec la presse féminine. Je suis à la fois une lectrice qui dévore tout ce qui lui passe sous la main comme des bonbons et qui adore la presse féminine et une lectrice insatisfaite qui trouve qu’on la prend parfois pour une gogo avec certains papiers et donc une lectrice lassée. Je continue à lire certains magazines mais beaucoup moins qu’avant (mais c’est surtout par manque de temps). Et puis de toute façon, parfois t’as l’impression que si t’en lis un, tu les as tous lus : mêmes articles, mêmes produits, parfois aussi mêmes signatures. C’est pour ça que je me suis tournée vers les blogs, pour avoir un petit peu d’air frais. Et puis dans le Biba du mois, quelque chose a changé. Il n’est pas devenu interactif comme les blogs mais la rubrique beauté n’était plus non plus une rubrique beauté d’un magazine féminin classique. Enfin, surtout un article sur les tendances maquillage du moment.

Cet article présente 9 tendances make-up et pour chacune de ces tendances, il y a un échantillon de maquillage à tester. Tu as envie de tester la tendance rouge à lèvres rouge, bouche beige ou gloss candy ? Il suffit de soulever la languette placée sur la photo d’une « trace » du produit sélectionné pour le shopping pour l’essayer. Pareil pour les fards à paupières ou les produits teint. Voilà une idée qu’elle est bonne ! C’est vrai quand tu regardes un shopping dans un magazine féminin, finalement tu zappes très vite. Tout ces produits les uns à côté des autres, c’est trop pour le cerveau qui passe à autre chose sans avoir vraiment tilté sur aucun (sauf miracle). Là, ça arrête l’œil et la main qui ne tourne pas la page aussi vite. On se pose, on lit, on teste, on se souvient. On peut même aimer et déclencher l’acte d’achat plus rapidement. Et puis surtout, c’est un vrai petit plaisir pour la beauty addict, on peut enfin mettre les doigts et pas seulement regarder. Finalement, il y a bien une interaction qui se crée.

Petit bémol tout de même, le partenariat avec Sephora. Certes, il est signalé clairement en haut de chaque page et dans le chapo, difficile de le manquer. Mais ça fait presque ressembler ce papier 2.0 à un publi-reportage mais qui ne serait pas signalé. Surtout que sur 9 produits présentés dans ce shopping nouvelle génération 6 sont des Sephora, les 3 autres étant des Make Up For Ever (en vente quasi en exclu chez Sephora). Donc ça fait un peu pages de pub. Après, je comprends aussi qu’une telle opération doit être assez difficile à mettre en place. Demandez à chaque marque de fournir des « échantillons languettes » en milliers d’exemplaires pour chaque produit dans le shopping, vive le casse-tête : pour la journaliste, le mag et les marques. D’où sûrement le besoin de s’appuyer sur un seul et même partenaire de grande envergure.

Mais avec la page de fin qui indique qu’on peut shopper tous les produits présentés chez Sephora et sur leur site, ça fait vraiment trop détournement d’une idée très sympa en concept commercial signalé qu’à moitié. Sachant quand même pour clarifier un peu que pour qu’il y ait publi-reportage, il faut que la marque paye pour disposer d’une parution dans tant de page. Et à ce moment-là, il y a obligation légale de le signaler. Là, je pense qu’ils ont dû imaginer l’idée avec ou sans Sephora mais se reposer sur l’enseigne après qui lui a fourni les échantillons, d’où le mot partenariat. Mais il n’y a pas eu vente d’espace publicitaire. Dans les faits, tout est donc légal, c’est juste l’impression que ça donne qui me dérange. Il y a déjà une méfiance presque généralisée pour la presse féminine (qui personnellement me dérange d’ailleurs. Même si elle est parfois justifiée et que certaines pratiques sont limites, ce n’est pas le cas dans tous les titres et toutes les journalistes ne sont heureusement pas vendues, c’est donc dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain), c’est comme ça, alors autant ne pas nourrir l’incendie, la rumeur, enfin le tintouin.

Donc je suis à fond pour ce genre d’idées très sympas qui rajeunissent la presse féminine et donnent clairement envie d’acheter le magazine mais sans mettre en avant une enseigne ou une marque. Car là on retourne dans les travers qu’on reproche justement à la presse féminine, d’être plus faite pour les marques que pour les lectrices. Alors que cette idée de base est justement un petit plaisir pour les lectrices, mais avec plus de diversité disons.

D’ailleurs, quand j’avais reçu l’info sur mon mail, je n’avais qu’une hâte, acheter le journal pour voir ce que ça donnait en vrai et tester tout ça. J’avais applaudi des deux mains. Mais ce manque de diversité, je ne peux le cacher, a amené un petite déception. Je trouve toujours le concept intelligent et d’un point de vue journalistique innovant mais la lectrice que je suis aurait aimé tester plus de marques différentes, peut-être aussi des marques haut de gamme ou de niche auxquelles je n’ai pas forcément les moyens d’accéder alors que si je veux du Sephora, il me suffit d’aller au coin de la rue. Donc je suis à fond pour qu’ils recommencent mais avec plus de variété.


Et vous, vous en pensez quoi de ce nouveau concept d’article : révolutionnaire, bonne idée pervertie ou encore une opération commerciale déguisée ? J’ai l’impression aussi qu’il y avait déjà eu un truc dans le même genre mais avec des échantillons basiques qui étaient collés sur les photos des produits dans le shopping et pas des languettes, mais je n’en suis pas sûre. Ca vous dit quelque chose à vous ?

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