Ca fait longtemps qu’on n’avait pas parlé cheveux par ici. Enfin surtout de mes cheveux ! Deux mois et demi quand même. Pour la très légèrement obsessive capillaire que je suis, ça fait une éternité. Surtout que cette année, ils en ont quand même vu de toutes les couleurs. Littéralement. Je vous avais laissées mi-février avec une chevelure dans tous ses états : j’avais du brun, du blond, des reflets roux, du bleu aussi à cause d’un hairchalk et mes cheveux blancs étaient revenus. En soi, le mélange des différentes couleurs ne me dérangeait pas forcément. Ca avait son charme. Et puis surtout j’aimais beaucoup l’ombré hair qu’on m’avait fait début décembre (et dont il faut vraiment que je vous parle) donc je ne voulais pas y toucher. D’un autre côté, je ne pouvais plus supporter mes cheveux blancs qui sont vraiment de plus en plus visibles. A chaque fois que je me regardais dans le miroir, j’avais envie de m’arracher les cheveux pour m’en débarrasser. Mais vu que j’en ai désormais beaucoup (ô rage, ô désespoir), j’aurais alors fini limite chauve. Autant opter pour une solution plus simple, le passage chez le coiffeur.
Cette fois, je n’étais pas du tout stressée comme souvent
quand je mets les pieds dans un salon de coiffure (car on ne sait jamais
comment on en ressortira) parce que je savais exactement ce que je voulais. Et
comme c’était quand même hyper simple, je me disais qu’il n’y avait aucun
risque de se tromper et de tomber à côté. Hum, hum, l’excès de confiance…
Quelle erreur. J’y allais pour me faire colorer les racines afin de camoufler ces
affreux cheveux blancs et pour me faire couper la frange qui n’était plus
qu’une vilaine mèche. Je ne voulais ni me couper les cheveux, ni colorer mes
longueurs tout simplement parce que je ne voulais pas toucher à mon ombré hair.
J’explique donc tout ça au coiffeur. Enfin, plutôt au coloriste (on s’est
d’abord occupé de ma couleur, après de ma frange). Je lui explique que je ne
veux pas toucher à mes longueurs, que j’aime bien ma couleur car elle est bien
fondue et qu’il n’y a pas de transition nette entre le blond et le brun (pas de
barre bien visible quoi, le blond ne part jamais de la même longueur selon les
mèches). Il me répond qu’effectivement mon balayage est très bien fait : que par exemple ma coiffeuse n’a pas décoloré les
cheveux du dessous ce qui lui donne de la profondeur. Je m’assois donc
confiante, me disant qu’on s’est compris, et commence à papoter avec une
copine. Puis là je l’entends dire qu’il va faire un truc au blond, le
réveiller, je ne sais plus trop quoi. Interloquée, je lui demande donc :
« mais on touche aux longueurs finalement ? ». Apparemment oui,
on touchait. Ok, d’accord.
Bon, c’est vrai qu’à un moment, j’avais peut-être opiné de la tête quand il avait dit qu’il fallait travailler toute la chevelure pour mieux fondre. Mais c’était dans la conversation, pas forcément une acceptation du truc. M’enfin une partie de moi se dit alors que mon blond ayant viré un peu roux et semble de plusieurs couleurs, c’est effectivement peut-être mieux de repartir de zéro. Alors je ne dis mot (donc consent). Mais là, je le vois se diriger avec son pinceau vers mes racines. Je refoule un cri d’horreur et à la place dis clairement et calmement que je ne veux pas que le blond monte trop haut, je veux garder mes racines foncées. Je veux que le blond parte grand maximum du milieu des oreilles. Je lui explique que pour mon dernier ombré hair, elle était montée trop haut et que ça m’avait un peu traumatisée. Les deux mèches entourant mon visage étaient complètement blondes donc, de face, en sortant de chez le coiffeur, je me voyais blonde et je l’avais très mal vécu. Je reste une brune dans l’âme et selon moi le 100% blond ne me va pas. Il semble comprendre et commence donc à poser son produit de décoloration. Pas à partir des racines. Mais quand même un peu haut… Hum, hum bis.
Pendant ce temps-là, on papote. Je lui raconte mon anarchie
capillaire, que mes cheveux étaient un peu de toutes les couleurs : le
blond, le brun utilisé pour colorer mes racines et mon brun à moi un peu
différent au niveau de la repousse. Là, il me répond que pour ne plus avoir de
démarcation au niveau des racines, il faut que j’arrête de me colorer les
cheveux. Là, mon moi intérieur a fait un gros « What ?! » et une
nouvelle tête interloquée. Mais bien élevée que je suis, j’ai plutôt exprimé
mes sentiments par un : « mais je ne peux pas arrêter de me colorer
les cheveux à cause de mes cheveux blancs ». Je lui explique que j’en ai
plein, que je ne les supporte pas et que je veux absolument les camoufler.
Raison première de ma venue ici d’ailleurs. Après avoir posé le produit de
décoloration, il enchaîne donc en posant la couleur sur les racines pour faire
disparaître la démarcation de la repousse (dixit himself), sans mentionner les
cheveux blancs. Hop, hop, hop, il pose sa couleur super vite fait et pas
beaucoup de produit en plus. Tout en mentionnant qu’effectivement j’ai pas mal
de cheveux blancs, surtout devant (où ils sont bien visibles quoi, les
salopiauds). Et justement, je les connais ces cheveux blancs. Déjà, mes cheveux
dégorgent la couleur assez rapidement mais eux la gardent encore moins. Il faut
donc mettre pas mal de produit et là, j’ai comme un doute. Je commence donc à
stresser un peu sur mon fauteuil.
Je savais que ça n’allait pas le faire. Et effectivement,
une fois mes cheveux rincés et sortis de leur serviette, mes cheveux blancs
étaient toujours là. Je les voyais déjà alors que mes cheveux étaient encore
mouillés. Alors une fois secs ! Je pense que ça aurait été à un autre
moment, j’aurais été capable de lui demander de refaire la colo pour les
camoufler vraiment. Le hic, c’est que comme on avait décoloré, ça avait pris
beaucoup plus de temps que prévu et j’avais un dîner après pour lequel j’avais
déjà une demi-heure de retard. Donc, j’ai laissé tombé, bien énervée. Mais je
n’étais pas au bout de mes (mauvaises) surprises. J’ai aussi découvert mon
nouveau blond… qui montait très très haut. Pas les racines mais bien au-dessus
de l’oreille quand même. Deux bons centimètres au-dessus de ma limite quoi.
Surtout, j’avais perdu toute la nuance de mon précédent ombré hair. Ma
coiffeuse n’avait jamais fait partir le blond du même endroit, n’avait pas
teint les cheveux du dessus au niveau de la nuque et surtout n’avait pas coloré
non plus le dessous des mèches (recto j’étais blonde, verso, j’étais brune).
Eh bien là, je me retrouve avec un ombré hair beaucoup moins
nuancé. C’est limite un tie & dye d’ailleurs puisque il y a une
délimitation claire entre les deux couleurs. Sauf qu’au lieu d’avoir genre 2/3
de brun (racines/mi-longueurs) et 1/3 de blond (pointes), j’ai le contraire. Donc ce n'est absolument pas un ombré hair (mais bon, pour être juste et impartiale c'était déjà le cas de celui d'avant, il était juste moins appuyé). En fait, seules mes racines sont brunes, tout le teste est blond. Vraiment blond. Tout
d’un bloc presque. Il n’y a plus de recto verso. Et avec une barre au-dessus de
l’oreille au niveau du passage d’une couleur à l’autre. Barre qui se voit quand
même beaucoup quand mes cheveux sont lisses. Défauts plus prononcés d’un côté
d’ailleurs, le droit. Le côté gauche que je vous mets en photo est plus nuancé.
M’enfin, moi qui préfère les transitions douces, j’étais choquée et encore plus
énervée. En plus, il y avait un petit côté années 80 dans ce passage abrupt du
brun aux racines au blond sur les longueurs, surtout sur la frange. Les deux
blocs étaient particulièrement moches là. Alors j’ai fait couper ma frange bien
courte pour faire disparaître le blond. C’était au moins ça de pris. Et je me
suis cette fois montrée très directive (presque dictatoriale) avec le coiffeur pour
avoir exactement ce que je voulais. Résultat, je n’ai rien à reprocher à la
frange. Mais le blond… Car il y a plus. Pour que le passage d’une couleur à
l’autre soit moins violent (je cite), il a décidé de me faire une patine
caramel. Traduction, de donner des reflets caramel à mon blond. Alors le
caramel, c’est joli sur un châtain, sur un blond beaucoup moins je trouve. Au
lieu de ressortir avec un blond blond (scandinave, bébé, soleil), il tirait
plutôt vers le marron voire le roux. En fait, je me suis retrouvée avec les
reflets que je voulais neutraliser à la base, ceux que j’avais après que mon
blond ait viré. Moi qui voulais retrouver un blond pur…
Bref, de plus en plus stressée/énervée/dégoûtée/déprimée, et
surtout de plus en plus à la bourre, je n’ai rien dit. Il fallait que je me
tire de là le plus vite possible donc j’ai mis ma poker face (je suis devenue
très bonne à ça à force de passages ratés chez le coiffeur) et j’ai dit que
j’aimais beaucoup avant de partir en courant et d’aller pester auprès de Teddy
et So (qui m’attendaient donc depuis une heure) que ma colo était totalement
raté. Ce qui les a beaucoup fait rire. Car j’avais aussi rendez-vous avec eux
après mon premier ombré hair et j’étais là aussi arrivée très en retard et un
chouïa choquée/énervée/déprimée parce que je me trouvais trop blonde. Certes,
je suis peut-être une drama queen. Et quand je fais de grands changements, il
m’arrive de ressortir de chez le coiffeur au bord de la dépression criant haut
et fort qu’on a assassiné mes cheveux. Rappelons-nous le carré trop court de
cet été aussi. J’avais aussitôt appelé une copine pour lui dire qu’on m’avait
complètement raté. Alors que j’avais fini par l’aimer ce carré. Disons qu’il me
faut souvent un peu de temps pour accepter (et aimer donc) ma nouvelle tête. Bon,
parfois, j’en sors contente quand même. Mais c’est vrai que le dépit s’en mêle
souvent. Il y a des fois où je peste parce que le changement n’est pas assez
visible, d’autres parce qu’il est beaucoup trop radical. Mais ce qui m’énerve
le plus, quand je n’ai pas du tout ce que j’avais demandé. Même si à la fin, ce
n’est pas raté, on se sent quand même un peu floué non ?
C’est un peu le cas cette fois-ci. Oui, j’ai fini par me
faire à ma nouvelle couleur. Mais pas non plus complètement. J’ai arrêté de me
lisser les cheveux depuis et opte plutôt pour des boucles. On voit moins la
barre comme ça, la transition est plus floue, ça va déjà mieux. Et puis mes
cheveux repoussent vite donc le brun gagne du terrain. N’empêche, à chaque fois
que je regarde mes cheveux totalement blonds sur les longueurs, ça me fait un
choc. Le bon côté, c’est que j’ai réussi à annihiler les reflets caramel/roux
dont je n’étais pas du tout fan et ai retrouvé un blond un peu plus pur et scandinave/bébé
grâce au Soin Patine de Jean-Louis David (il faut vraiment que je vous en parle
de celui-là, il est top). Donc déjà, je me suis un peu réconciliée avec la
couleur qui me plaît plus comme ça, même si je regrette quand même un peu mon
ancien blond plus nuancé. Mais je suis en phase d’acceptation. Le pire en fait,
la pilule que j’ai du mal à avaler, c’est que mes cheveux blancs, eux, sont
toujours là et toujours aussi visibles. Alors que j’y étais quand même allée
pour ça. Donc j’ai l’impression d’y être allée pour rien. Normalement, j’ai
minimum un mois de répit avant de devoir refaire mes racines (et déjà je trouve
ça court) mais là au bout de deux semaines, c’est retour à la case départ. Et
ça, ça m’énerve à un point. Je me dis qu’il va donc falloir que j’y
retourne ! Moi qui ne voulais pas toucher à mon blond et juste colorer mes
racines pour camoufler mes cheveux blancs, on peut dire que c’est raté…

