Il était une fois une beauty addict fervente lectrice de presse féminine. En bonne accro, elle feuillette tout ce qui lui passe par la main et s’attarde surtout sur les shoppings, bavant sur toutes ces beauty nouveautés. Le problème, c’est qu’une fois sur deux lorsqu’elle se rend en magasin pour les glisser dans son panier, elle se retrouve conne car elle n’arrive pas à mettre la main dessus. Elle a beau chercher, arpenter différents points de vente, nada. Et puis un jour, elle est passée de l’autre côté du miroir, se retrouvant un peu par hasard propulsée beauty journaliste. Et là, elle a compris. Si elle ne trouvait pas les produits pour lesquels elle avait eu le coup de foudre c’est qu’ils n’étaient tout simplement pas encore sortis. Ca a été un de mes premiers énervements de ma vie de beauty addicts/journaliste : voir dans la presse (papier ou web) des produits pas encore mis sur le marché et qui ne le seront pas forcément avant un bon bout de temps.
Mais what the fuck quoi !!! Je trouve ça tellement pas professionnel, c’est limite de la désinformation. Ben oui, notre boulot c’est quand même d’informer les gens (et de bien le faire) donc quand tu mets dans un shopping un produit pas disponible sans même ajouter d’ailleurs quand il le sera, il y a un hic. Clairement, le travail est mal fait. Il y a du je m’en foutisme là-dedans, tu fais juste ton petit truc dans ton coin, tu remplis la page qu’on t’as commandée sans penser forcément au bout de la chaîne, à la lectrice qui va lire ton papier, qui, quand elle va voir le shopping va supposer (et c’est normal) que le produit est dispo et donc va vouloir se le procurer, en vain. Oublier la lectrice alors qu’on est quand même censé écrire pour elle (à la base), c’est un comble. Je me suis toujours refusée à faire ça, avec pour conséquence de me faire doubler par tout le monde pour les « scoops » mais bon, on s’en fout un peu, c’est pas ça l’important. Bon, je ne suis pas non plus totalement psychorigide non plus, quand le produit sort dans le mois et que la date de mise en vente est indiquée, là le boulot est parfaitement fait en revanche.
Et le truc qui m’énerve en ce moment, c’est que cette pratique a aujourd’hui envahi la blogosphère ou les reviews de produits qui ne sortiront pas avant un mois ou deux (voire plus) pullulent. Ben moi, je dis stop. En tant que blogueuse ou journaliste, il nous arrive de recevoir des produits bien avant leur sortie. Forcément, sur certains magazines les dates de bouclage sont tellement avancées (par exemple en septembre dernier, je travaillais sur noël), il faut donc qu’on ait les infos très tôt, sinon, impossible de bosser. Mais avoir l’info ne doit pas vouloir dire la diffuser automatiquement. C’est difficile de s’ajuster à ce rythme décalé (j’ai d’ailleurs encore du mal bien que ça fasse des années) mais il faut trier et filtrer sinon c’est un peu l’anarchie. Alors, je comprends que quand on reçoit ou qu’on découvre une super nouveauté, on ait tout de suite envie d’en parler et de partager ça avec ses lectrices. Ca m’arrive souvent mais la plupart du temps, je me retiens. Ca me permet aussi d’avoir du recul car, après tests, certains produits qui m’avaient enthousiasmés a priori se révèlent décevant et ne valent pas le coup d’être mentionnés. Bon, il y a aussi du négatif dans l’attente : il m’arrive d’oublier des trucs que j’avais mis de côté, parce que je les ai égarés je ne sais où ou que le délai jusqu’à la mise en vente est tellement long que je zappe. Mais c’est mon côté tête de linotte, ça n’a rien à voir avec le sujet.Alors, ok pour annoncer les futures tendances maquillage, les arrivées de nouvelles marques ou lignes. C’est bien aussi de savoir ce qui nous attend. D’ailleurs, je suis assez friande de ce genre de notes. En décembre, je dévore les papiers qui annoncent ce qui va sortir l’année suivante et pareil au moins d’août pour la rentrée. Mais parfois la course au buzz est assez insupportable. Je ne vois pas l’intérêt d’annoncer la sortie d’un vernis en mars alors qu’il ne sera dispo qu’en septembre prochain. En plus, je trouve que parfois le buzz fait autour d’un produit avant sa sortie est contre-productif. On nous saoule tellement avec qu’on est gavées avant même qu’il ne soit en vente. Ce qui est marrant, c’est qu’on a alors tendance à critiquer la marque pour ce bourrage de cerveau alors que souvent c’est fait à ses dépens. A cause des délais de bouclage de mag comme je l’ai expliqué plus haut, elle est obligée de fournir ses infos assez tôt. Mais la plupart du temps, elle précise bien qu’elles sont sous embargo : c’est-à-dire qu’il est interdit d’en parler jusqu’au mois de sortie du produit. Ou alors, il y a une mention sur le dossier à côté de la date de mise en vente qui nous demande d’avoir la gentillesse de tenir compte de ces informations (en gros de respecter le délai et de ne pas en parler avant). Alors même si le plus grand nombre respecte ces consignes, il y a quand même des fuites (la gentillesse se perd apparemment). En plus, les fuites c’est contagieux, surtout sur le web, et l’info se répand rapidement comme une traînée de poudre. Alors parfois, nous qui attendons comme des gentilles filles, on se sent un peu gourdes, alors que non, on est juste pro.
C’est peut-être parce que je suis derrière le miroir que je focalise sur ça. Si j’étais une consommatrice lambda, je n’y prêterais pas attention si ça se trouve. Mais je me vois quand même mal faire une note sur un produit disant que j’ai craqué sur lui (sous-entendu en magasin) sachant pertinemment qu’il ne sera pas en vente avant x temps. Bon, c’est vrai, après il y a des circonstances atténuantes : parfois la date de sortie annoncée n’est pas la bonne donc le papier est fait en toute bonne foi, parfois, elle n’est pas non plus donnée (c’est fou mais ça arrive très souvent) et là, c’est un peu débrouillez-vous. D’ailleurs, je ne suis pas infaillible, il m’est arrivée de me faire avoir plusieurs et de déroger à mes propres règles. Mais quand il y a écrit en gros MAI ou JUIN, pourquoi traiter le sujet au mois de mars (sans forcément en plus mentionner la date de sortie). Je ne vois pas le plus que ça peut apporter aux lectrices. Surtout qu’entre la lecture du papier (qui peut être très bon d’ailleurs, ce n’est pas ça le problème) et la sortie du produit, on aura eu le temps de tout oublier.Ca vous dérange pas vous de voir des papiers/reviews sur des produits qui ne sortiront pas avant mai/juin voire même septembre, alors qu’on n’est qu’en mars, parfois sans même que la date de mise en vente soit indiquée ? Quel est l’intérêt ? Bien sûr, c’est toujours intéressant de savoir ce qui nous attend mais de là à tout dévoiler. Après, c’est vrai que les blogs sont aussi des espaces perso, donc chacun fait ce qu’il veut… Moi, même si mon blog est mon espace de liberté, dont je ne pourrais d’ailleurs plus me passer, je l’envisage quand même avec un côté pro. Pas dans le sens business mais dans celui de ne pas faire n’importe quoi et de respecter certaines règles (un peu journalistiques mais le bon côté du journalistique). Mais c’est moi, ça. Psychorigide, je vous dis.
Bon, promis, demain, je reviens avec un sujet beaucoup plus profond et essentiel : le rouge à lèvres. Et fini les pavés.


