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mardi 5 juin 2012

La Beauty Paresseuse est une gourdasse, la preuve…

Au bout de deux ans, vous commencez sûrement à être habituées à mes mésaventures plus improbables les unes que les autres. Forcément quand on est paresseuse, tête en l’air et gaffeuse tendance maladroite (un bon condensé de Miss Catastrophe quoi), il nous en arrive de belles. Mais là je crois que j’ai battu mes records et j’ai du mal à m’en remettre. Je t’explique. Comme tu le sais sûrement, je ne suis absolument pas sportive. C’est contre ma religion (celle de la paresse qui dit que le sport c’est mal). Et puis de toute façon, j’en ai pas besoin, je suis parfaite (comment ça, plutôt molle du genou ?). Enfin bref, j’en fais pour le boulot point barre.

En revanche, je marche beaucoup (beaucoup). Si j’ai un rendez-vous dans un rayon d’une demi-heure de marche alors j’y vais à pied. Si ça peut m’éviter le métro (trop cracra), je préfère mettre à contribution mes gambettes. Le soir (voire la nuit), quand il n’y en a plus des métros, je pousse même jusqu’à 40 minutes (si ça peut m’éviter les taxis pervers en plus, te moques pas, je les attire). En gros, les 10 000 pas par jour, j’étais sûre de les faire et ma conscience se sentait donc mieux. Je pouvais continuer à ne pas faire de sport, en restant affalée sur mon canapé toute la journée à m’engouffrer tout ce qui me passait sous la main (miam les bonbons). M’enfin secrètement, je rêvais quand même d’un podomètre juste pour être sûre.

Et puis un jour, je suis allée à la présentation presse d’un nouveau coach sportif, et en fait de coach c’était un petit appareil au doux nom de Fitbit Ultra. Et j’avoue que si ça avait été un vrai coach humain, j’aurais zappé aussitôt sortie de là, mais ce mini appareil, je l’ai tout de suite adopté. D’abord parce qu’il comptait les pas et donc enfin mon rêve se réalisait (chacune ses rêves ;)) mais il ne faisait pas que ça. Certes, il a une fonction podomètre mais il fait beaucoup plus. Grâce à un capteur de mouvement 3D (donc qui sait quand tu montes ou tu descends par exemple), il compte aussi les marches que tu montes dans la journée, le nombre de calories que tu brûles, le nombre de kilomètres effectuées (ou distance parcourue) pendant la journée. Puis, chaque jour, il se remet tout seul à zéro et on recommence.

Bizarrement, même si je n’aime pas le sport, c’est devenu hyper addictif. Tu as toutes les infos à portée de main dans cet appareil ruiquiqui au look assez sympa. Il suffit d’appuyer sur le petit bouton pour tout faire défiler. Au début, je checkais uniquement en fin de journée mais rapidement je me suis mise à vérifier où j’en étais assez régulièrement : à midi, en fin d’aprèm’, le soir. Enfin dès que je faisais une petite distance à pied. Et selon les infos, j’ajustais mon comportement. En fait, ça en devient même motivant. C’est comme ça que je me suis aperçue que quand je bossais en bureau même si celui-ci est loin du métro, je ne faisais que 8000 pas ! Mal ! Pendant la pause déjeuner, je me suis donc mise à aller chercher mon sandwich un peu plus loin. Très vite, il m’a été impossible de quitter la maison sans lui. Enfin, jusqu’à ce que je le perde.

Car oui, horreur, malheur ! Cette merveille n’est plus en ma possession. A la base, t’es censée le clipper sur tes vêtements. Mais évidemment la snob que je suis avait peur de gâcher ses tenues fashion, donc je ne l’ai pas fait. Je l’ai mis dans la poche de mon manteau. Et puis en rentrant du dèj au moment de vérifier à combien de pas/calories j’en étais, il n’étais plus là. Avant de partir déjeuner il y était, après, envolé. Là, panique totale, j’ai retourné toutes mes affaires, en vain. Ca a été dur mais j’ai dû me rendre à l’évidence : je l’avais perdu. Il avait dû glisser de ma poche au moment où j’enlevais mon manteau dans la rue. Ca fait bientôt un mois et pourtant, je suis toujours aussi dégoûtée. Le pire, c’est qu’à chaque fois que je le vois dans un magazine, j’ai limite la petite larme.

Ce qui me rend encore plus verte, c’est que je n’ai même pas eu le temps de le tester totalement. J’étais déjà accro aux fonctions de l’appareil en lui-même mais il est aussi couplé avec un site internet qui permet de pousser l’expérience, et l’entraînement en fait, encore plus loin. Une fois ton Fitbit enregistré, il synchronisait toute les infos contenues dans l’appareil par wifi (je crois) et permettait donc d’avoir ton évolution, de pouvoir comparer et ainsi de mieux ajuster tes efforts. Je crois qu’on pouvait aussi y mettre ce qu’on mangeait, que le site donnait des conseils (sportifs ou alimentaires) selon ta personnalité et ton degré d’activité. Un vrai coaching donc et personnalisé. Il permettait aussi d’analyser ton cycle de sommeil. Mais de tout ça, je ne peux pas vous en parler puisque c’était pendant la période où mon ordi était mangé par un virus donc inutilisable. Je n’avais jamais pu connecter le Fitbit avant de le perdre. Tristesse ! Finalement, je dirais que son seul défaut, c’est peut-être d’être trop petit et donc facile à égarer (ok, je sais, sa taille, c’est plutôt un plus et j’aurais dû le clipper mais j’essaie de trouver des excuses à ma bêtise).

En tout cas la bête a vraiment du potentiel et est aussi intéressante pour les vraies sportives que pour les sportives du dimanche. Si vous avez envie d’approfondir le sujet, le Fitbit Ultra est à 99 € mais après l’accès au site est totalement gratuit.

'est le destin, la seule fois où j'essaie de faire du sport, j'en suis empêchée. Est-ce un signe ?
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lundi 20 décembre 2010

Prête à tout pour mincir ?

Il y a quelques mois, je vous parlais de mes nouvelles baskets minceur, les Easytone de Reebok (ICI). Avec leurs petits coussinets dans la semelle, elles créent un déséquilibre et font travailler les muscles plus que d’habitude. Pour une grande marcheuse comme moi mais qui déteste le sport, ça semblait être la solution idéale pour muscler un peu mes trois culs. Mais mauvaise élève que je suis, je les ai rapidement laissées tomber. D’abord parce que la marche ça devenait du sport avec elles. Trop fatigant ! Mais surtout parce qu’elles ne m’allaient pas au look. Car, attention, malgré ce qu’on peut lire de-ci de-là, ces chaussures ne sont pas faites pour courir, juste pour marcher. Je vous déconseille d’ailleurs d’aller faire un running avec au risque d’y laisser vos chevilles ou vos genoux, le pied étant en instabilité et donc mal maintenu. J’ai trottiné quelquefois avec et c’était pas vraiment agréable. Si vous voulez courir, optez pour les Runtone de la même gamme, celles-ci sont vraiment dédiées à la course.

Donc « this boots are made for walking ». Mais moi, justement, je ne mets des baskets que pour faire du sport (donc le moins souvent possible). Pour marcher dans la vie quotidienne, je préfère des chaussures normales et surtout jolies. Celles-ci nuisaient à mon sens fashion donc au placard. Mais, je n’ai pas pour autant laissé tombé les accessoires minceur. Pour la paresseuse que je suis, ils sont quand même le seul programme envisageable pour garder la ligne. J’ai donc remplacé mes baskets par des bottes fourrées, elles aussi un peu particulières. Ce sont des Fitflop et leur semelle booste la stimulation musculaire. Technologie différente mais même principe que l’Easytone : on crée de l’instabilité pour plus solliciter les muscles. Résultat la semelle est un peu épaisse mais, côté look, elles passent mieux avec mes robes d’hiver que des baskets. En plus, elles sont fourrées et recouvertes de peau de mouton donc vraiment chaudes. C’est les seules chaussures avec lesquelles mes pieds ne finissent pas gelés à la fin de la journée, même après 30 minutes de marche. Et ça, par les temps glacials qui courent, c’est quand même bien.

Bon, il y a quand même un hic. Un peu comme les UGG, c’est peut-être confortable et chaud, mais c’est quand même un petit peu moche. C’est mieux que des baskets mais c’est pas super sexy, surtout avec cette semelle un peu compensée (voyons le bon côté des choses, je gagne quelque centimètres). Je ne les mets donc pas tous les jours et leur préfère mes bottes de pluie, moins chaudes mais tellement plus classes (oui, je trouve mes Aigle classe). Je ne peux donc pas vraiment juger leur pouvoir raffermissant. Au début, j’ai même eu un doute dessus car, contrairement aux Reebok, je ne sentais rien et j’avais pas mal aux jambes après. Mais, l’autre jour, j’ai dû faire un trajet plus long que d’habitude et aussi plus rapidement et là j’ai senti la résistance. L’instabilité, elle, je la sens tout le temps, et ça me fait d’ailleurs la démarche légèrement vacillante, plus que d’habitude. Je marche déjà tordu en général, je suis capable de perdre l’équilibre même en ballerines, donc avec ces bottes, j’ai parfois l’impression de marcher comme une ivrogne. Mais il faut souffrir pour être belle.

Par contre, il y a un autre accessoire que je pense laisser aussi tomber : c’est mon legging Lytess. Vous avez sûrement entendu parler de la cosméto-textile. Ce sont des vêtements qui contiennent des actifs micro-encapsulés qui vont se libérer petit à petit sur la peau. Moi, j’ai la version minceur (il y en a aussi des hydratants et même aphrodisiaques). Le problème, c’est que ces actifs ont un parfum et que mon collant, il sent même très fort. J’avais également une nuisette mais ce n’était pas aussi flagrant, elle sentait juste un peu, on pouvait même trouver ça agréable. Là, je crois que ça sent un peu les plantes et beaucoup en plus. Donc pas ma tasse de thé, vous l’aurez compris. Pour la cause, je l’ai quand même enfilé toute une journée. J’ai fini par oublier que je l’avais mais je sentais toujours l’odeur. Je l’avais juste rangée dans un coin de mon cerveau. D’ailleurs, à un moment, je me suis même demandé ce qui sentait comme ça. « Ah, c’est moi ! » Mais je me disais que j’étais bien la seule à la sentir et à faire attention. Je rejoins ensuite ma sœur pour déjeuner et quand je sors de table, elle m’achève : « Ah mais c’est toi qui sent si mauvais ! Quand t’es rentrée, y’a eu une bouffée de mauvaise odeur et je me demandais d’où ça venait ». En gros, je pue quoi. Je bafouille donc que c’est mon collant, c’est pas moi, et je me mets à penser à tous les gens que j’ai croisés avant et qui ont sûrement eu le même relent nauséabond venant de moi. Se mettant sûrement dans la tête que cette puanteur était due à une hygiène douteuse. Alors, bien sûr, au fur et à mesure des lavages l’odeur diminue puis disparaît. Mais je préfère garder ma dignité même si, pour cela, il faut aussi que je garde mes trois culs.
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samedi 6 novembre 2010

Quand le syndrôme Ikea touche la beauté ou la malédiction des trucs en kit

Mon boulot, ce n’est pas que glamour, paillettes et réception de produits de beauté. Le plus souvent c’est juste du scribouillage toute seule devant mon ordi. Et de temps en temps, c’est aussi du sport, littéralement – ceux que je teste pour mes papiers – et malheureusement aussi métaphoriquement. Et ce week-end, il va y avoir du sport ! Je suis censée tester des accessoires pour faire du sport à la maison, donc fin de semaine sueur et entraînement en vue. Je décide de m’attaquer au plus gros d’entre eux, le Fitness Pump, qui est une sorte de banc d’entraînement. J’ouvre la boîtboîte en m’attendant à voir juste la bête repliée sur elle-même et là horreur, malheur ! Le truc est en pièces détachées ! Il va falloir que je le monte si je veux le monter (désolée, elle était trop facile bien que totalement nulle). Je me retrouve dans mes pires cauchemars Ikeaesques.

Je suis nulle pour monter des meubles en kit. Mon cerveau est incapable de traduire le mode d’emploi et de transmettre des informations logiques à mes mains. Je sais, c’est facile, il faut juste suivre le dessin. Mais pour moi, c’est du charabia. Et c’est pas le mode d’emploi de la bestiole qui va me rassurer. Regardez, c’est du chinois non ? J’ai même pas fait mon premier abdo que j’en transpire déjà.

Bon, je vais quand même m’y atteler parce qu’il le faut. Le papier ne va pas s’écrire tout seul et pas question que je bidonne en inventant un pseudo test que je n’aurais en fait pas fait. Mais bon, ça s’annonce mal. Bien sûr, j’ai déjà monté du meuble en kit. En général, on m’aide mais, une ou deux fois, je me suis prise en main. Pour les tiroirs de l’armoire de mon salon par exemple. Bon, ils sont montés à l’envers mais c’est un détail. Et ils ne se sont pas écroulés pour autant. Ma table basse aussi, c’est mon œuvre, même si je suis partie en freestyle à un moment en faisant des trous où il ne fallait pas et que ça m’a pris la demi-journée, j’ai fini par y arriver. Donc, je vais peut-être y passer le week-end mais je l’aurais. Et ça me fera faire du sport avant le sport. Pour info, voilà à quoi ça devrait ressembler.

Allez, je vous laisse, j’ai du bricolage qui m’attend. Le pire, c’est que je vais devoir le redémonter pour le renvoyer à son propriétaire. Arf, tout ça ça contrarie la paresseuse que je suis et qui aurais bien fait la larve sur son canapé tout le week end.
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jeudi 1 juillet 2010

Sport : mes baskets de paresseuse

C’est un fait établi aujourd’hui, je n’aime pas le sport. Je n’aime pas transpirer (quoique en ce moment je sois servie et ça, sans bouger de mon canapé. Je me meurs, je fonds, je me liquéfie sous cette chaleur infernale.). Deuxième fait établi : mon fessier est en perpétuelle expansion. Une équation fatale qui demandait des mesures d’urgence, mais des mesures de paresseuse, faut pas pousser mémé dans les orties quand même.

Et justement, en ce moment, le gros buzz du côté de la minceur et de la forme, ce sont les chaussures amincissantes. En gros, tu n’as rien à faire. Tu les enfiles juste, tu vis ta vie et elles font travailler ton corps à ta place. Pas besoin de faire du sport, elles le font pour toi. Si ce n’est pas une invention qui a été faite pour moi alors je suis Lady Gaga. Après une sélection stricte et totalement superficielle basée sur le look de ces engins, j’ai opté pour la basket Easytone de Reebok. Ca peut vous paraître un peu tiré par les cheveux de baser mon choix sur la tête de la bête, mais faut les voir aussi. La plupart sont vraiment très moches, quasi importables à l’extérieur quand on est une fashion addict comme moi. Et comme elles ont toutes les mêmes propriétés, c’est un bon critère de choix.

Il y a des tongs, des bottes, des sabots, des espadrilles, des pseudo baskets ou ballerines. Moi, j’ai donc opté pour la bonne vieille chaussure de sport Reebok. Niveau look, elle est plutôt soft et ressemble à une chaussure de sport basique. Alors que les autres ont souvent le talon plus bas que le devant de la chaussure ou des semelles incurvées démesurées. Le truc, c’est que des coussinets ont été glissés dans la semelle pour déséquilibrer notre démarche. Ce qui fait qu’à chaque pas notre corps doit s’ajuster et donc nos jambes travaillent automatiquement plus. Cela permet de raffermir les muscles des jambes et des fessiers. Ca peut sembler être du charlatanisme mais après les avoir mis à l’épreuve, je confirme que l’on sent que nos muscles sont plus sollicités.

Pour être honnête, la première fois que je les ai mises, je me suis dit : « pff, encore un truc bidon où on se fout de notre gueule ». Et puis, l’air de rien au bout de dix minutes de marche je commençais à fatiguer (alors qu’en général, je suis à peine dans ma phase de démarrage). Et quand je suis arrivée à bon port, mes jambes me criaient « stop au sport, c’est pas pour nous ». Je suis restée affalée sur le canapé le temps de me remettre et je n’avais plus envie de repartir, trop crevant. Parce que oui, il y a publicité mensongère : ok, on ne fait pas de sport mais on doit quand même faire des efforts. La paresseuse a été flouée ! En même temps, ne nous leurrons pas, sans me bouger un petit peu, mes trois culs ne risquent pas de rétrécir, donc finalement ce sport ni vu ni connu, ça me va. Mais j’ai été prise par surprise. Bon, au moins, on ne transpire pas, c’est déjà ça.


Le petit hic quand même, c’est que je ne porte plus de baskets depuis l’adolescence. Niveau look, ça me ramène un peu en arrière, j’ai l’impression d’être une ado attardée. Et mon côté fashion addict, bien appuyé par mon côté paresseuse (parce que c’est crevant quand même), arrive très souvent à convaincre mon côté « I’m fat » qu’il vaut mieux les laisser au placard et opter pour de jolies ballerines. Donc côté résultat vraiment raffermissant, il n’y a encore rien, forcément. Je pense que je reprendrais plus assidûment cet hiver. De toute façon, là il fait vraiment trop chaud pour mettre des baskets. Et puis l’hiver, on peut les camoufler sous de longs pantalons. Alors qu’avec des mini shorts, on ne voit que ça.
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vendredi 28 mai 2010

Mon premier cours de boxe m'a mise KO

Deux jours plus tard, la beauty paresseuse est toujours KO, percluse de courbatures et marchant comme un canard. Ce cours de boxe a laissé des traces. C’est que je ne suis pas vraiment du genre sportive, plutôt allergique même à toute activité physique. Mais ma mission de la semaine pour le boulot était de tester un cours de boxe, nouveau sport trendy chez les femmes. L’idée de rejouer Million Dollar Baby m’angoissait légèrement mais quand faut y aller, faut y aller. N’ayant pas de tenue de sport (bah oui, pourquoi faire puisque je n’en fais jamais), j’ai recyclé deux vieux chiffons qui pouvaient faire l’affaire, remis la main sur mes baskets de la fac et me voilà partie pour un cours collectif de boxe thaï (contrairement à la boxe anglaise où tu n’utilises que tes poings, là tu donnes aussi des coups de pieds). J’ai opté pour la version collective en me disant que si je n’arrivais pas à suivre, je pourrais toujours me cacher au fond de la salle derrière les autres participants. Et puis, j’avais trop peur d’être ridicule en « face to face » avec un coach.

On commence par l’échauffement avec la corde à sauter. Bon, moi je suis déjà morte mais je fais semblant pour l’honneur. Ensuite flexion, extension où tu dois te jeter au sol au signal puis te relever tout de suite. Là, je commence à simuler, j’avoue parce que si je me couche par terre, c’est sûr, je ne me relève pas : le poids de la gravité. Donc, j’ai un peu honte mais tout le monde étant à fond dans son exercice, j’en profite pour juste m’accroupir.

Après l’échauffement, on enfile les gants et on enchaîne des mouvements (coups de poings et coups de pieds) avec une ou un partenaire. On te frappe sur les gants puis c’est à toi de frapper l’autre. C’est encore un entraînement, donc ce ne sont pas de vrais coups. Ca rassure (mon nez est assez tordu comme ça, je ne voudrais pas qu’il se retrouve avec une deuxième bosse). Je me retrouve face à une journaliste reporter de guerre hyper sympa (alors là déjà je suis vraiment impressionnée, c’est quand même pas rien comme métier). C’est une habituée du cours, elle m’explique les mouvements, me décortique tout, me corrige quand je fais mal un truc (ce qui arrivait souvent) et surtout me rappelle de ne jamais baisser ma garde (parce qu’elle, elle se l’est pris un jour le coup de poing dans la figure). Je me suis aussi retrouvée face à un mâle. C’était plutôt cocasse : comme je n’ai aucune force dans les bras, je ne le frappais pas vraiment, il n’y avait pas d’impact. C’était ridicule mais ce n’était pas grave. Parce que l’ambiance était très bon enfant.

On est ensuite passés au vrai combat, moi toujours avec ma reporter de guerre. Pour moi, c’était le must du cours même si on a un pincement au cœur par peur d’être mise KO. C’est aussi la partie la plus difficile et la plus fatigante. J’étais d’ailleurs au bord de la crise cardiaque. Car c’est très demandeur, le physique et le mental étant tous les deux sollicités. Tu dois être constamment en mouvement, frapper ton adversaire mais également éviter et contrer ses coups. Et pendant ce temps-là, tu dois te concentrer pour ne pas baisser ta garde, réfléchir à où tu vas frapper et deviner la stratégie de l’adversaire. Ca ne dure pas longtemps, une petite dizaine de minutes, mais tu finis sur les rotules. Et justement, ce n’est pas fini. Après tu enchaînes sur une série d’exercices mixant coups portés sur des sacs et mouvements de gainage.

Parce que je ne m’étais pas assez illustrée jusqu’ici (c’est ironique), j’ai une nouvelle fois fait des miennes. T’ai-je déjà dit que j’étais légèrement tête de linotte avec des symptômes d’
Alzheimer précoce ? En gros, j’oublie tout, tout le temps. Donc aussitôt les dix exercices expliqués par le prof, aussitôt oubliés par moi. Ca nous a voulu quelques mini fous rires entre lui et moi puisqu’il devait venir me les réexpliquer à chaque fois, moi perplexe devant mon sac. En même temps, je crois qu’il avait commencé à cerner la bête : entre le « je ne fais jamais de sport », « je n’ai pas de force dans les bras », « je n’ai pas de force dans les jambes », « j’y arrive mieux avec l’autre main », « je ne lève pas la jambe très haut », je lui ai sorti un paquet d’excuses à deux balles. Ca faisait un peu retour au lycée. Mais il a tout pris avec le sourire.


Et puis, c’est à ce moment-là que je me suis aperçue dans le miroir de la salle : j’avais le visage tout rouge, l’horreur ! J’avais bien mis du fond de teint et du mascara avant mais ça n’avait pas servi à grand-chose (j’avais pas osé le fard à paupière, même si j’avais longtemps hésité à mettre un aqua cream, heureusement d’ailleurs j’aurais été vraiment ridicule sur le coup). Mais bon, là, en sueur, je me suis mise à rêver d’une douche et d’un bon make-up. J’avoue ça m’a un peu déconcentrée jusqu’à la fin de la séance. On devrait bannir les miroirs des salles de sport : on est vraiment trop moches quand on est en sueur. On ne devrait pas avoir à affronter cette image de nous alors qu’on souffre déjà le martyre.

A ce stade, j’étais vraiment morte mais ce n’était pas encore terminé. On sort les tapis et le prof nous annonce une série de pompes rapides. C’est là que j’ai déclaré forfait : les pompes, je n’y suis jamais arrivé. Mes bras tout flasques sont incapables de soulever mon corps. Gros sourire du mâle qui s’échine à côté de moi et regard rieur du prof quand il remarque aussi. Bon, c’est vrai que ma position de simulation n’était pas la meilleure. Cette dernière petite séance de torture laisse ensuite place aux étirements. Et voilà, j’ai survécu à mon premier cours de boxe ! Je m’applaudis moi-même intérieurement.

Le bilan ? Totalement positif. Quand, au début du cours, le prof a annoncé qu’on était partis pour une heure et quart, j’ai cru mourir. Je me suis dit que je ne survivrais pas. Et puis finalement, quand le cours s’est achevé, je me suis dit « déjà ?», limite j’en demandais encore (limite, hein). En fait, on ne voit absolument pas le temps passer car on enchaîne les exercices (certaines séquences durent une minute, d’autres 10 mais pas plus). On ne s’ennuie donc jamais. En plus, entre les exercices, on a le temps de reprendre son souffle. Et puis, le prof, qui je le répète est vraiment vraiment très sympa (ça m’a marqué), adapte les exercices à chacun, ne t’engueule pas quand tu traînes, prend le temps de t’expliquer et pour les exercices à deux, il veille à te mettre avec quelqu’un de pas trop fort. En plus, comme c’est un groupe avec des gens de tout niveaux, tu ne te sens pas la nulle parmi les nulles. D’ailleurs, le groupe en lui-même était vraiment bien, sympa eux aussi. J’avais un peu peur à cause de la présence de garçons. La dernière fois que j’ai fait une activité physique avec une bande de mecs dans les parages, ils se sont rapidement moqués de nous (alors qu’on n’avait même pas commencé à s’activer). Mais là, ce n’était pas ce genre de bourrins. Non, ça rigole avec toi quand tu rames, parce qu’eux peuvent ramer aussi, ça t’aide (il y en a même un qui m’a gentiment donné ses protège tibias), ça papote. C’est cool quoi.

Donc, même si je ne suis pas sûre de recommencer l’expérience (on ne se refait pas, je suis une non sportive convaincue), j’ai été vraiment séduite par l’expérience. En plus, ce genre de boxe, où tu utilises mains et pieds, permet de travailler et de muscler l’ensemble du corps (abdos compris). Le lendemain, j’avais d’ailleurs mal partout, et plus particulièrement aux jambes, ce qui peut paraître paradoxal. Aujourd’hui encore, je marche comme un canard. Mais je me suis bien marrée, c’est tout ce qui compte.
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