Parlons peu, parlons cheveux. Enfin, parlons peu, je
m'avance peut-être un peu vite. Tu me connais, quand il s'agit de mes cheveux,
je suis capable de te pondre des paragraphes pour ce que certaines diraient en
une phrase. Vous le savez, j'ai quelques petites obsessions capillaires et si
on me lance sur le sujet, je serais presque intarissable. Je n'irais pas
jusqu'à dire « les cheveux, c'est ma vie hein faut pas pousser mais j'y
tiens. Alors, forcément, toute décision les concernant tourne au casse tête et
ça mouline à chaque fois de façon intense dans la caboche. Je ne suis pas du
genre à prendre une décision sur un coup de tête. Enfin... Vous vous souvenez
que j'hésitais entre garder mes cheveux longs et tenter un ombré hair ou
repartir sur un carré et une couleur avec des reflets roux. Cette dernière
option étant un classique chez moi quand j'en ai marre de mes cheveux longs.
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| Ce que j'ai eu |
Je dis « vous vous souvenez » mais difficile de
l'oublier puisqu'à chaque volte-face je vous ponds un roman. Finalement, je me
suis dit qu’une coloration tie & dye sur des pointes aussi abîmées que les
miennes n’était pas raisonnable. Ca a été le déclic. J’ai décidé qu’il était
temps de tout couper. Fini de tergiverser, tout devait disparaître. Quasi le
lendemain j’avais donc rendez-vous chez le coiffeur pour mon petit
rafraîchissement. En y allant je savais exactement ce que je voulais : un
carré long avec une petit mèche courte sur le front, façon frange rabattue sur
le côté (un peu comme ceux affichés un temps par Nicole Richie ou Olivia
Wilde). Suite à plusieurs catastrophes capillaires dans ma jeunesse, je ne vais
plus jamais chez le coiffeur sans avoir une idée précise de ce que je veux. Car
si tu leur laisses carte blanche, c’est souvent la catastrophe assurée. Je
m’assois donc sur mon fauteuil et je lui explique clairement ce que je veux.
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| Ce que je voulais |
Je veux donc un carré aux épaules. Enfin pas exactement aux
épaules, il ne doit pas les toucher sinon les cheveux rebiquent et c’est moche.
Juste un mini centimètres au-dessus. En tout cas pas plus long, sinon pour moi,
ce n’est pas un carré. Et sur moi, des cheveux mi-longs doivent être dégradés
sinon c’est moche avec ma touffe. Et je ne veux surtout pas plus court. Je lui dis
bien que je n’aime pas les carrés courts (coupés au niveau de la mâchoire ou
juste en dessous) car je trouve que ça ne me va pas avec mon double menton et
ma forme de visage très carrée. On se met aussi d’accord pour qu’il soit un peu
dégradé. Parce qu’avec ma touffe, encore elle, le carré droit c’est pas
possible. Et en plus, dégradés, mes cheveux bouclent mieux. Mais attention, il
me dit lui-même qu’avec un carré, on ne peut pas non plus trop dégrader. Je lui
dis que je suis d’accord parce qu’avec ma tignasse quand c’est trop dégradé sur
cheveux courts, j’ai toujours peur de l’effet champignon (le haut des cheveux
qui gonflent un peu trop par rapport au bas). Je pars donc au bac pour mon
shampooing et me rassoit sur ma chaise confiante.

Mais rapidement, c’est le drame. Après la pré-coupe, déjà
quelque chose cloche. La pré-coupe, c’est juste la base, il coupe juste les
longueurs et travaille à partir de là. En recoupant ensuite les longueurs si
besoin. La coupe finale est donc plus courte que la pré-coupe. Sauf que cette
dernière est déjà trop courte. Il y a un gros espace entre la pointe de mes
cheveux et mes épaules. Je commence donc à avoir des sueurs froides et limite
la larme à l’œil en regardant bien trop de mes cheveux sur le sol. Mais ce
n’est que le début. Pour faire la coupe en tant que telle, il ne continue pas avec
ses ciseaux mais il me sort le rasoir… électrique. Tu penses bien que là, je me
suis décomposée en dedans de moi-même. A l’extérieur de moi-même je reste
forte. Je n’ai plus l’âge pour pleurer chez le coiffeur. Même si l’envie se
fait de plus en plus sentir au fur et à mesure qu’il taille dans la masse avec
un rasoir classique cette fois. Pourtant je reste forte, je souris. Même si à
chaque fois qu’il répète « c’est bien comme longueur ça », j’ai envie
de crier « noooooooooooon, c’est pas bien j’avais dit pas court et ça
c’est court, WTF mec ! » mais à la place, je hoche la tête, un rictus
aux lèvres (j’essaie toujours de sourire mais j’ai de plus en plus de mal).

Le pire, c’est que mes cheveux sont toujours mouillés et
lisses. Et je les trouve déjà trop courts. Les larmes me montent de nouveau aux
yeux quand j’imagine ce que ça va donner une fois secs et ondulés. Je perdrais
bien encore un centimètre. En fait, il m’a fait pile la longueur que je lui
avais dit ne pas vouloir parce que ça m’allait mal. J’aurais pu dire quelque
chose, mais à quoi bon, ma longueur était déjà partie. Je l’ai donc laissé
finir même si j’étais horrifiée par l’usage du rasoir. Je pensais d’ailleurs
que ça ne faisait plus. Tous les coiffeurs rencontrés ces dernières années m’ont
dit que c’était ce qu’il y a de pire pour les cheveux, que ça ruinait la fibre
capillaire en la coupant en deux. Je pensais donc que la technique avait été
totalement bannie. Mais peut-être que ça ne concernait que les cheveux fins.
Bref, en plus d’y avoir laissé mes longueurs, j’avais aussi peur d’y laisser ma
crinière.
Finalement, c’est l’heure du brushing. Ah, le brushing
coiffeur ! C’est quand même pas ça une fois sur deux et tu files alors te
laver les cheveux pour retrouver une crinière normale une fois rentrée à la
maison. Nous, on se met d’accord sur un brushing souple. Parce que j’avais trop
peur de ce que la coupe donnerait lisse. Evidemment, il me fait un truc hyper
volumineux, qui part dans tous les sens. Pas du tout naturel quoi. Comme souvent,
quand je sors de chez le coiffeur après un brushing, je me sens un petit air de
Claire Chazal. Après avoir baissé le volume du mieux que je pouvais avec mes
petits doigts, essayant de plaquer mes cheveux pour gagner de la longueur, ça
va mieux. Mais une partie de moi a quand même envie de se jeter sous une
voiture. C’est tellement court ! Un peu en dessous de la mâchoire. C’est
vrai que la coupe a du charme. Mais j’ai l’impression que ce n’est pas moi. Ce
n’est en tout cas pas ce que je voulais. Et puis, j’ai un peu peur de comment
elle va évoluer. Car s’il a coupé court, il a effilé encore plus court.
Certaines mèches m’arrivent maintenant au milieu du crâne.

C’est là aussi que je me suis aussi rendue compte que
j’étais un peu vieux jeu au niveau des cheveux. Moi, je voulais un carré droit
classique, un bon vieux carré quoi. Je déteste par exemple les carrés
plongeants. Lui trouvait ça trop vieux jeu, trop ennuyeux. Donc aucune mèche
n’est coupée de la même longueur. C’est aussi un peu asymétrique et limite
plongeant. En tout cas, il y a deux mèches plus longues devant. Moi, pas aimer
les mèches plus longues devant. A chaque fois qu’on me l’a fait (les coiffeurs
aiment bien), j’ai coupé en rentrant cjez moi. J’aime pas non plus quand la
base de la coupe n’est pas droite. Et pareil, quand c’est pas symétrique, ça me
perturbe. J’ai l’impression d’avoir un côté plus long que l’autre, que la coupe
est mal faite. J’ai le cheveu déboussolé quoi. En fait, il m’a calirement fait
une coupe fashion, ça on ne peut lui retirer. Sauf que je ne suis pas modasse
du cheveu, je suis old school.

Finalement, le lendemain, le brushing ayant dégonflé, ça va
un peu mieux. Mes cheveux sont lisses désormais et rebiquent vers l’extérieur
sur les pointes. Ca me fait une coiffure un peu en boule. Alors certes, ça ne
me va pas mal. Une partie de moi, pense même que ça me va bien. Mais c’est
court quoi ! Et puis c’est tellement effilé que pour moi, ce n’est pas un
carré. Un carré, ce n’est pas rond comme ça. En fait, j’ai carrément l’impression
d’avoir une coupe courte. Un peu comme celle que je portais il y a 10 ans. Car
oui, dans ma jeunesse pendant 2/3 ans, j’ai eu les cheveux courts. A l’époque
j’aimais bien. Jusqu’au jour où on m’a coupé tellement court que je me suis
retrouvée avec la tête d’Arlette Laguillier. Je me suis dit plus jamais. C’est
à partir de là que j’ai appris à aimer mes cheveux longs. Et là, devant mon
miroir, je me revoyais il y a dix ans. De désespoir, je pose un serre-tête sur
ma crinière pour booster un peu le côté féminin de la coupe. Et ça me frappe.
J’ai la même tête que Blanche-Neige dans le dessin animé. Je ne sais pas si je
dois le prendre bien ou mal.

Je m’arracherais bien les cheveux de désespoir mais je n’en
ai plus. Ca me fait d’ailleurs un peu le coup du membre fantôme, je les sens
parfois sur ma nuque et quand je vais pour les toucher, ils ne sont pas là. Une
petite voix au fond de moi essaie de se faire entendre, murmurant que ce n’est
pas si mal, mais la partie la plus bruyante crie au désastre capillaire. Et en
même temps, tous les gens que je croise me disent que ça me va bien. Faut-il
les croire ? Ou alors ils sont tout simplement polis et ne veulent pas me
dire en face que j’ai été mutilée et que ça se voit comme le nez au milieu de
la figure (ou comme les cheveux qui ne sont plus sur la tête). Oui, je sais
tout ce drama pour des cheveux, ça semble peut-être un peu superficiel. Mais
j’avoue je ne suis pas de celles qui peuvent hocher les épaules en disant
« tant pis, ça repoussera ». Je suis un peu comme Samson, mes
longueurs j’y tiens.
Même si finalement, je commençais à accepter la coupe - il
le fallait bien puisque je devais vivre avec. Pourtant, je continuais à avoir
peur de comment ça évoluerait. Qu’est-ce que ça allait donner une fois que je
n’aurais plus le brushing coiffeur après mon premier shampooing ?
Allais-je arriver à les coiffer ? A cause de l’effilage très poussé,
j’avais peur d’être incapable de les contrôler et de me retrouver avec une tête
de champignon nucléaire. Et puis qu’est-ce que ça allait donner à la repousse ?
Depuis, je me suis lavée les cheveux à plusieurs reprises of course et j’ai
découvert ce que ça donnait. Mais je vous raconte tout ça dans le prochain
épisode. Avant de tout vous dire aussi de mon passage par la case coloration.
Ben oui, au point où j’en suis, je continue sur ma lancée du changement de
tête. J’ai rendez-vous mardi.